Interview avec Mads Mikkelsen

Mads

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Interview avec Mads Mikkelsen (Acteur)

Cela fait pratiquement 15 ans que vous avez tourné dans le film. Comment est-ce que votre jeu d'acteur a-t-il évolué ?
Je ne sais pas. Je me souviens que c'était très osé ce qu'on a fait. Même si c'était une comédie qui ressemblait à Lumières scintillantes, les personnages étaient plus extrêmes. C'était presque une adaptation au cinéma d'une pièce de théâtre. On était tous nerveux mais on aimait tellement l'histoire et les personnages qu'on allait toujours de l'avant. C'est, de toute ma carrière, l'un des films dans lesquels je suis le plus fier d'avoir joué !

On l'a fait et on s'en est bien sortis. Mon personnage est si fantastique, pathétique et narcissique qu'il est difficile de ne pas l'aimer. C'est l’apothéose de l'histoire.

Comment vous vous êtes préparé pour jouer un personnage aussi complexe ?
C’est toujours le cas des histoires d'Anders Thomas. Le script est là et puis on y travaille un petit peu plus. J'ai aussi tendance à être un peu plus extrême que ce qui est écrit dans le script. Donc s'il y a un texte qui peut être récitéde n’importe quelle façon, cela ne m'intéresse pas. La manière de dire les choses doit être particulière. Ensuite nous travaillons sur la gestuelle. C’était un martyr, toujours choqué par tout ce qui se passe.

Concernant le physique, on m'a coupé les cheveux un peu n'importe comment. Je me souviens qu'Anders Thomas était là.

Donc vous vous êtes coupé les cheveux un peu n'importe comment ? Ce n'était pas un faux front ni une perruque ?
Exact.On les a coupés parce que c’était plus simple comme ça. Je déteste porter une perruque, je trouve ça encombrant.

C'est très difficile à porter. Il y a quelque chose qui cloche, la perruque est de travers et bien d'autres choses. J'ai simplement décidé de me couper les cheveux parce que c'est plus facile à gérer.

Ensuite, j'ai dû porter des chapeaux pendant trois mois parce que j'avais l'air d'un idiot. Une fois le tournage terminé, j'ai dû me raser entièrement.

Ce personnage a en quelque sorte un lien avec Hannibal, en termes de cannibalisme ; avez-vous utilisé un peu de votre expérience de ce personnage pour jouer Hannibal ?
On peut toujours trouver un lien. C'est une pure coïncidence, je n'y ai jamais pensé. Hannibal le fait pour d'autres raisons apparemment, il a une vision déformée de la réalité : il voit la beauté là où tout le monde voit de l'horreur. Par contre, Svend n'a pas de désirs de chair humaine. Ce n’est pas un assassin. Il voit plutôt le succès arriver, et c'est son côté égocentrique qui l’emporte.

Comment faites-vous pour passer de ces films locaux à Casino Royale, et maintenant Hollywood ?
Ça a toujours été mon choix. Avant qu'Hollywood m'appelle, je n'avais pas le choix, je ne faisais que travailler au Danemark. Mon pays est petit, si vous faites un film par an, les gens commencent à se lasser de vous regarder. Donc c'était une pause bienvenue d'avoir eu une chance à Hollywood, et maintenant, je peux continuer à faire le va-et-vient.

Je peux toujours choisir ce que je trouve intéressant. C'est toujours très important d'aimer ce que vous faites, que ce soit une petite ou une grosse production.

Et comment avez-vous eu votre rôle dans Casino Royale, un rôle qui a changé votre carrière à l'international ?
Je ne m'y attendais pas du tout. J'ai reçu un appel à propos d'une audition et je ne pouvais pas m’y rendre car j'avais une obligation. Mais en fin de compte, j'ai eu le rôle parce que l'une des productrices, Barbara Broccoli, aimait le film de Susanne Bier,Open Hearts, et elle voulait m'avoir dans Casino Royale.

C'est mon travail au Danemark qui m'a ouvert les portes d'Hollywood. Je n'ai pas frappé aux portes d'Hollywood.

Quand vous avez eu votre expérience dans une grande production, quelles différences avez-vous constatées entre celle-ci et les productions locales danoises?
Je pense que la principale différence c'est l'ampleur du budget. Quand vous avez ce budget, vous avez plusieurs producteurs, plusieurs chefs qui peuvent concocter le film.Ainsi, trouver des idées avec le producteur pour améliorer le film n'est pas aussi systématiqueque pour les productions danoises. Ça doit d'abord passer par un bon nombre de personnes importantes.

Mais ceci étant dit, j'ai quand même été surpris de voir que même s'il y avait 500 personnes sur le plateau, on pouvait toujours se réunir en petit groupe - soit moi, Daniel Craig et le réalisateur - pour discuter de la scène et la réussir.

Est-ce que vous avez eu plus de pression lors du tournage de Casino Royale ? C'était une période de changement du personnage de James Bond et la première de Daniel Craig dans la peau de l'agent, ce qui a valu des critiques avant le début du tournage.
Je ressens toujours de la pression. Je veux toujours donner le meilleur de moi-même, donner le meilleur film au monde. Mais je n'avais pas l'impression que c'était plus ressenti pour Casino Royale.Je pense en réalité qu'il y avait plus de pression pour Les bouchers verts parce que c'était risqué.

Je suis certain que Daniel ressentait beaucoup de pression parce qu'il était le nouveau James Bond, et il sera toujours jugé pour ça. Il a fait la seule chose qu'il y avait de mieux à faire : il s'est plongé dans le travail et s'est concentré pour faire de son mieux. Maintenant, il s'avère être le meilleur de tous les James Bond.

Qui sont vos modèles d'inspiration lorsque vous jouez ?
Je pense toujours à ne jamais copier qui que ce soit.Vous pouvez tirer de l'inspiration dans tout ce que vous faites dans votre vie. Lorsque j'étais enfant, mes héros préférés étaient Bruce Lee et Buster Keaton. Avec du recul, je comprends pourquoi. Ils avaient un énorme charisme.

Quels sont selon vous les plus grands défis du cinéma danois, s'il souhaite attirer l'attention du monde entier ?
Nous avons fait plusieurs changements dans le passé. Nous avons rendu le cinéma plus réaliste, hyper-réaliste. Les gens faisaient les films qu'ils voulaient faire. Le changement était nécessaire et nous le souhaitions.

Cette générationn'a rien à changer. Ce n'est pas aussi évident pour elle de le faire. Mais elle doit trouver sa propre histoire. Si elle le fait, nous aurons encore des succès à célébrer dans le cinéma danois. Si elle ne fait que copier, ça ne pourra pas marcher.

Selon vous, pourquoi les séries télé scandinaves deviennent de plus en plus populaires aujourd'hui (Borgen, Fortitude, The Missing) ?
Je pense que c'est à cause du succès qu'ont eu les films danois. La télé danoise a quand même attiré l'attention grâce à tout l’intérêt qui a été porté sur les films danois. Ils ont apporté une bonne partie de la tradition du film au petit écran.

Aussi, les personnes qui travaillent à la télé sont très professionnelles, les acteurs comme les réalisateurs.

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